Covid-19 : dépistage dans les entreprises

Depuis la version du 29 octobre du "Protocole national pour les entreprises", les employeurs ont la possibilité de proposer des dépistages à leurs salariés, s'ils sont volontaires. Une circulaire interministérielle du 14 décembre 2020, publiée le 18 décembre 2020, précise le cadre de ces dépistages.

Le Protocole national pour les entreprises précise que "les employeurs peuvent, dans le respect des conditions réglementaires, proposer à ceux de leurs salariés qui sont volontaires, des actions de dépistage". Une circulaire du 14 décembre 2020, publiée le 18 décembre 2020, complète cette possibilité en apportant des infos pratiques aux entreprises comme les listes des personnes à cibler en priorité, des professionnels de santé habilités à procéder aux tests, ainsi que les suites à donner en cas de tests positifs ou négatifs.

Pourquoi des tests antigéniques ?

L’accès aux tests antigéniques au sein des entreprises s’inscrit dans la stratégie de lutte contre l’épidémie de Covid-19. Le circulaire du 14 décembre 2020 souligne que "la réalisation du test sur le lieu de travail, avec l’engagement actif de l’employeur, doit ainsi être un gage de mise en œuvre rapide et efficace des mesures de prévention adéquates (notamment l’isolement des personnes testées positives), afin de protéger l’ensemble du collectif de travail et, au-delà, la société tout entière".

Le test antigénique est un test rapide d’orientation diagnostique. Il est réalisé sur un prélèvement nasopharyngé effectué par voie nasale à l’aide d’un écouvillon. Le résultat est disponible rapidement, en 15 à 30 minutes. Bien que moins sensible et moins spécifique que le test PCR, il permet d’isoler le plus tôt possible les personnes atteintes.

Qui tester en priorité ?

La circulaire du 14 décembre 2020 précise que, sur un plan individuel, doivent être testées en priorité : 

  • Les personnes symptomatiques, à condition que le test soit réalisé dans un délai inférieur ou égal à quatre jours après le début des symptômes.
  • Les personnes asymptomatiques lorsqu’elles sont personnes contacts (au sens de la définition de Santé publique France) identifiées isolément ou au sein d’un cluster.
  • À titre subsidiaire, les personnes asymptomatiques, dans le cadre d’un diagnostic, lorsque les professionnels de santé l’estiment nécessaire.

Des dépistages collectifs ?

Des dépistages collectifs par des tests antigéniques peuvent être organisés par un employeur au sein de populations ciblées (par exemple une  entreprise) en cas de cluster (suspect ou avéré) ou de circulation particulièrement active du virus dans le département où est située l’entreprise.

Les opérations de dépistage collectif doivent être préalablement déclarées au représentant de l’État dans le département et à l’ARS sur un portail de déclaration en ligne, au moins deux jours ouvrés avant le lancement de l’opération, exception faite des situations de cluster suspecté ou avéré où le dépistage peut débuter, en lien avec l’ARS, dès que la déclaration a été réceptionnée.

Qui peut faire les tests ?

Les prélèvements et la lecture des résultats pour les tests antigéniques peuvent être réalisés par l'un des professionnels de santé suivants : médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme, pharmacien, masseur-kinésithérapeute ou infirmier. D'autres professionnels formés et sous la responsabilité des professionnels de santé pré-cités peuvent réaliser les prélèvements (les annexes de la circulaire du 14 décembre en donnent la liste). Dans tous les cas, il est rappelé que les entreprises doivent demander conseil à leur Service de Santé au Travail et les informer d'une éventuelle opération de dépistage. 

Les campagnes de dépistage doivent s’effectuer en concertation avec le médecin du travail, en respectant les règles suivantes :

  • Les salariés doivent être volontaires.
  • L'achat des tests est financé par l’employeur.
  • Les dépistages sont réalisés dans des conditions garantissant la bonne exécution des tests et dans la stricte préservation du secret médical.
  • Les campagnes ne peuvent être systématiques et doivent faire l’objet d’un échange avec le médecin du travail.

Quel coût pour ces tests ?

La circulaire du 14 décembre rappelle que c'est l'employeur qui finance l’approvisionnement en tests et qu'aucune participation financière ne peut être demandée aux salariés. Le texte recommande "aux entreprises d’acquérir des tests antigéniques dont le coût unitaire n’excède pas 8,05 euros, coût correspondant au montant maximum remboursé aux pharmacies par l’Assurance Maladie (en application de l’article 18 de l’arrêté du 10 juillet 2020 modifié)".

Il est également précisé que "si l’entreprise recourt à des professionnels de santé libéraux, ces derniers ne peuvent pas facturer leur intervention à l’Assurance Maladie, leur rémunération devant être supportée par l’entreprise à l’initiative de l’opération".

Des cas positifs ?

Les professionnels de santé saisissent les résultats des tests dans une application dédiée afin de faciliter le traçage des cas contacts.

Si un salarié est testé positif, le professionnel de santé l'oriente vers son médecin traitant et lui rappelle la nécessité de s'isoler sans délai. Il lui conseillle d'informer son employeur afin de faciliter le contact tracing. 

Dans la circulaire du 14 décembre, il est souligné que "lorsqu’une entreprise a connaissance de cas positifs à la Covid-19 parmi ses salariés, elle s’appuie sur son évaluation des risques et les mesures de prévention adaptées mises en œuvre. Cette évaluation peut être mise à jour et les mesures de prévention, renforcées, en particulier lorsqu’une transmission dans le cadre professionnel apparaît probable. L'entreprise peut solliciter son Service de Santé au Travail pour l’accompagner dans cette démarche".

Quant aux tests négatifs, la prudence doit être de mise car avec les tests antigéniques, le risque de faux négatifs est plus élevé. Pour les personnes à risques, un contrôle par test RT-PCR doit être effectué. 

 

Retrouvez les coordonnées des Services de Santé au Travail, membres de Présanse Paca-Corse

Consultez également notre "Protocole de gestion d'un cluster en entreprise"

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